
Ah cette émotion qui est tellement montrée du doigt dans notre société!
Cette émotion que nous cherchons à bannir de notre vie, à cacher, à étouffer, à nier.
Certainement l’émotion dont nous avons le moins conscience pour nous-même. Surtout en tant que femme, notre transgénérationnel féminin nous a imprégné du sens du devoir, du sens des responsabilités, nous devons servir, ravaler nos frustrations, obéir, soigner, consoler, passer en second, s’oublier, se sacrifier pour les autres, … Pour les hommes cette émotion est un peu mieux admise, parfois elle peut être considérée comme de l’affirmation de soi voire de la puissance mais seulement dans certaines circonstances. En général, un homme « bien élevé » est « policé » c’est à dire sans émotion.
La tristesse est une émotion mieux reconnue que la colère, nous pouvons trouver une personne pour écouter notre chagrin, une épaule compatissante ou même pleurer dans notre chambre. Les femmes sont autorisées à pleurer et souvent ce sont des larmes qui viennent en premier pour masquer une colère inconsciente. Pour les hommes c’est le mutisme qui cache bien souvent leur colère refoulée. La peur aussi est une émotion mieux reconnue, elle semble plus naturelle, elle n’est pas autant refoulée que la colère. Quand nous étions enfant, la colère était l’émotion la moins autorisée par nos parents et c’est encore le cas aujourd’hui : Combien de parents prennent soin d’un enfant en colère? On le dispute, on le punit, on refuse qu’il soit en colère. On ne comprend pas pourquoi il est en colère. Aucun parent ne plaint un enfant en colère. Au contraire les parents se sentent agressés par un enfant en colère, remis en cause dans leurs décisions. Alors cette colère nous avons appris qu’elle était « mal » et nous avons appris à la refouler systématiquement. Si bien qu’aujourd’hui, la plupart d’entre nous, n’avons même plus conscience quand une colère se soulève en nous. Le mécanisme de refoulement se met aussitôt en place à notre insu.
Certains milieux spirituels/religieux aussi s’en sont mêlés, la colère serait la marque d’un manque de conscience, d’un manque d’élévation. Nous devons à tout prix pardonner rapidement, lâcher prise, nous placer au dessus de l’évènement. Mais la colère n’est qu’une énergie et c’est une énergie aussi spirituelle que toutes les autres émotions dont nous devons prendre la responsabilité. Elle est le signal que notre corps nous donne pour nous dire : stop, là il y a quelque chose qui se passe en toi, tes besoins fondamentaux ne sont pas respectés par ce que tu vis ou par ce que tu as vécu.
La colère nous dit : Va voir ce qui se passe en toi, Quels besoins ne sont pas respectés? et Qu’est-ce que tu n’oses pas exprimer?
Le premier pas est de reconnaitre qu’il y a de la colère en nous. Pour cela, si nous sommes dans la confusion des émotions, si nous nous sentons mal sans reconnaitre les émotions présentes, nous pouvons aller respirer dans notre plexus solaire pour donner de l’espace à l’énergie bloquée. Au bout de quelques minutes, cette énergie va peut être se déplacer dans notre corps, elle peut aller dans la gorge par exemple (ou dans notre ventre), alors nous pouvons respirer quelques instants dans notre gorge (ou dans notre ventre). Et là nous allons clairement ressentir l’émotion présente, ce bouillonnement de la colère, ce feu qui a envie de surgir, de sortir, d’exploser.

Alors nous pourrons la laisser s’exprimer à travers le mouvement de notre corps (la marche rapide, le shaking, la danse…) ou à travers l’écriture spontanée pour libérer sans aucune retenue notre colère, pour laisser circuler cette énergie.
C’est de l’hygiène émotionnelle! Car trop de colères refoulées s’enkystent, bloquent notre énergie et nous conduisent vers la dépression ou la maladie.

Ensuite, le deuxième pas est de revisiter l’évènement et de prendre conscience de nos besoins fondamentaux non respectés :
besoin d’être soutenue, aidée, d’être écoutée, besoin de sécurité, besoin de reconnaissance, besoin de douceur, de bienveillance, etc…
Nous avons à prendre la responsabilité de nos besoins et à mettre en place les conditions pour que ces besoins soient respectés d’abord par nous-même puis par les autres. Avons-nous autour de nous des personnes qui peuvent nous soutenir, nous écouter? Donnons-nous de la sécurité à notre enfant intérieur? Reconnaissons-nous suffisamment nos qualités, nos compétences? Sommes-nous suffisamment bienveillants envers nous-même? Posons-nous ces questions et agissons pour prendre soin de ces besoins nous-même.

Ensuite la 3ième étape est d’oser exprimer clairement à l’autre (impliqué dans l’évènement) ce que nous attendons de lui pour continuer de respecter nos besoins.
Pour cela nous devons d’abord être passée par la 2ème étape (indispensable) puis réfléchir à ce que nous sommes en droit de demander à l’autre. Notre demande doit être claire, précise et positive. Nous n’avons pas à déverser notre colère sur l’autre, elle nous appartient. Si face à l’autre, nous ressentons la colère revenir alors nous avons à refaire la 1ère étape. Une fois notre colère apaisée nous aurons beaucoup plus d’énergie pour oser faire notre demande avec conviction. Cette étape aussi est importante, car elle nous apprend à être authentique en osant exprimer nos besoins.
Nos émotions sont de grandes ressources pour nous, pour apprendre à nous connaitre et choisir notre vie. Sans conscience de nos colères nous restons dans la victimisation, dans l’accusation de l’autre et nous tournons en rond dans notre vie par manque d’énergie.
Alors courage, osons regarder nos colères, les apaiser et créer l’environnement qui nous permet de nous épanouir.
Merci isabelle il est tout à fait vrai que l’on nous a toujours obligé de refouler cette colère
Alors osons regarder nos colères et créer l’environnement qui permet de nous épanouir
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Merci Marie-Cécile
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Merci Isabelle pour cet écrit.
Je retiens ton expression « Hygiène émotionnelle ».
Accueillir nos émotions quotidiennement c’est tellement une façon de prendre soin de soi, exactement comme nous sommes.
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Oui Aurore, c’est tellement vrai
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