L’humilité ?

Il y a souvent beaucoup de confusion avec ce mot, beaucoup de fausses interprétations.

Parfois nous associons ce mot à la pauvreté, au dépouillement, au renoncement. Serait humble celui qui vit chichement, se contentant de peu, renonçant à l’argent, à l’aisance. Serait humble celui qui renoncerait à être aidé, qui accepterait son sort sans se plaindre, à l’image du philosophe Diogène vivant dans le plus grand dénuement en Grèce antique, marchant pieds nus avec un bâton, une lanterne et vivant de mendicité. Avec une image plus religieuse, seraient humbles les pauvres, ceux qui ne possèdent rien, à l’image de Jésus né dans une étable….

Aujourd’hui cette « humilité » ne nous fait pas rêver! Aujourd’hui, la mode est à se montrer sous son meilleur jour sur les réseaux sociaux. Nous montrons tout ce que nous savons faire de plus performant dans tous les domaines de la vie. Nous étalons notre savoir, nos réussites, quitte à les trafiquer un peu, quitte à les exagérer beaucoup. Dans les milieux spirituels, nous imitons la paix, la sérénité quand intérieurement tout est bousculé.

Nous cachons ce que nous considérons comme des « défauts », des « manquements spirituels » sous un masque de zénitude. Nous cherchons à paraitre évolués, loin de monsieur et madame tout le monde. Nous pouvons même imiter « l’humilité » en baissant les yeux devant un compliment, en ne reconnaissant pas nos talents, nos qualités.

Alors l’humilité qu’est-ce que c’est …vraiment? C’est très simple mais pas facile. Etre humble c’est être soi-même, tout simplement! Etre humble, c’est laisser tomber les masques que nous mettons face aux autres. C’est quitter les rôles que nous aimons jouer pour paraitre ceci ou cela et ne plus fuir ce qui se passe en nous.

Parfois nous sommes bien, avec un élan de vie qui nous réjouit et nous pousse dans telle ou telle direction et parfois nous sommes moins bien, triste ou frustré de ne pas y arriver. Parfois nous sommes dans une période d’expansion et parfois dans une période d’introspection. Parfois nous rions et parfois nous pleurons. Et c’est nous! C’est qui nous sommes, c’est qui nous sommes à ce moment là. Parfois, quand nous voulons être aimé, reconnu, appartenir à un groupe, nous cherchons à cacher nos « défauts », à ressembler à ce que nous pensons que les autres attendent de nous, nous nous nions. Etre humble, ce n’est pas se cacher, ce n’est pas se montrer. Nous sommes sur Terre pour nous épanouir dans tous les domaines de notre vie, dans les domaines matériels comme dans les domaines spirituels mais sans tricher.

Etre humble est accepter d’être qui sommes, avec toutes les variations possibles que nous vivons intérieurement. C’est accepter d’être là avec nos talents, nos qualités et nos blocages, nos difficultés. C’est être authentique, d’abord avec soi-même puis avec les autres. Cela n’a rien à voir avec l’argent : en avoir ou pas ne change rien. Cela n’a rien à voir avec l’image que nous souhaitons donner de nous-même. Cela a à voir avec qui nous sommes, tout simplement.

L’humilité c’est le courage d’être soi, pas plus, pas moins.

La paix en 1er

Nous avons toutes sortes de mémoires en nous, conscientes et inconscientes. Des mémoires qui nous mettent en joie et des mémoires de souffrances, de tristesses, de frustrations, de regrets, de culpabilités. Et ces dernières sont très présentes en nous, elles sont actives. Pourquoi? Parce que toutes ces mémoires qui nous interpellent régulièrement, ont un point commun : elles sont inachevées.

Qu’elles proviennent de notre histoire personnelle, de celle de nos ancêtres ou qu’elles soient karmiques ces mémoires racontent toutes une histoire inachevée. Ces mémoires reviennent sans cesse à la surface car il leur manque la fin de l’histoire. Elles sont restées suspendues dans des émotions plus ou moins difficiles qui attendent de s’apaiser. Tant que nous n’aurons pas créé une fin avec un niveau de conscience supérieure à celle que nous avions au moment de l’histoire, elles viendront nous hanter comme des fantômes qui demandent leur du. Depuis l’émergence de la physique quantique et de la science non matérialiste, nous savons que le temps, tel que notre personnalité le vit, est une illusion et les grands sages de toutes les traditions nous l’ont dit depuis longtemps :

ce que nous croyons passé et qui est resté inachevé, est totalement présent en nous et influence grandement notre vie bien souvent à notre insu.

Alors pour achever ces histoires nous avons plusieurs outils à notre disposition. Nous pouvons faire appel à un thérapeute qui nous aidera à apaiser les émotions souffrantes afin que ces mémoires soient transmutées dans une conscience plus élevée. Nous pouvons aussi, pour les mémoires de notre histoire personnelle que nous connaissons, utiliser notre imagination créative. Que ce soit par l’écriture ou lors de méditations dans nos mondes intérieurs, nous pouvons créer une nouvelle fin, pleine d’amour, de conscience, de pardon et de paix. Souvent nous avons à pardonner. Pardonner à l’autre et surtout se pardonner soi-même d’avoir vécu cette histoire. Se pardonner avec bienveillance, avec douceur d’avoir été victime de situations difficiles quand nous étions enfant ou de s’être mis dans des histoires douloureuses en tant qu’adulte. Nous avons à nous pardonner de n’avoir pas su, de n’avoir pas pu …faire autrement.

Se pardonner c’est s’aimer tel que nous sommes aujourd’hui avec ces mémoires encombrantes, c’est accueillir ces histoires de vie et y poser un autre regard plein de tendresse, de compassion pour soi-même.

Nous ne pouvons pas achever ces histoires avec un niveau de conscience rempli d’impatience, de rejet, de jugements sur ce qui s’est passé. Nous avons à lâcher nos attentes et à prendre le temps d’accueillir ces histoires dans leur profondeur sans rien nier de leurs conséquences dans notre vie actuelle. Et ensuite avec toutes nos connaissances actuelles, toutes nos compétences, tout notre amour, nous pouvons créer une autre fin, pour trouver enfin la paix.

Et si en cherchant la paix, nous découvrons de la colère contre nous-même, si nous découvrons que nous nous jugeons encore négativement d’avoir « mal réagit » ou si nous nous en voulons de ne pas y arriver malgré « tout le travail fait sur soi », alors c’est OK. Accueillons ses sentiments contre nous-même, acceptons qu’ils soient là, ne rejettons pas ses sentiments, surtout pas!…. Ils sont là et c’est OK. Soyons en paix avec la présence de ces jugements. C’est là le secret : quoique nous pensions, quoique nous ressentions, c’est notre réalité du moment, alors posons un regard de paix et de compassion sur nous. Dès que nous pourrons dire un vrai oui à la présence de ces jugements sur nous-mêmes, à la présence de ces frustrations, alors la paix pourra se diffuser à la mémoire de l’évènement et une autre fin pourra enfin se dessiner.

Quand la paix est le fin mot de l’histoire alors ces mémoires se fondent dans la lumière.

Ici et maintenant?

Que de fois je me suis dit « ici et maintenant » …oui et alors? Combien de fois j’ai ressenti ça comme un concept bien loin de mon quotidien! Moi dans mon quotidien, je planifie, je contrôle, pour moi, pour ma famille, pour les gens qui m’entourent. Je prévois, j’anticipe, j’organise. Et puis, dans mon cheminement intérieur, c’est mon passé qui est bien souvent présent. Mon enfant intérieure blessée, des mémoires familiales actives, des vies antérieures étonnamment vivantes. Alors ici et maintenant c’est quoi?

La première réponse qui m’est venue un jour, est venue comme une évidence, ici et maintenant c’est mon corps. Mon corps, tel qu’il est aujourd’hui, est ici et maintenant; ça c’est une réalité. Quand je le regarde, quand je ressens des douleurs ou des inconforts, quand je coure, quand je danse, quand je pratique la MLC© : mon corps est ici et maintenant.

Il ne peut pas être dans le passé, il ne peut pas être dans le futur. Il ne peut être que là, dans mon présent. Ici et maintenant c’est mon corps. Un corps bien concret, bien dense, bien réel, un corps que je peux toucher, que je peux regarder, que je peux sentir. Alors pour vivre le « ici et maintenant » j’ai juste à respirer dans mon corps, à prendre conscience de ma respiration, à écouter ma respiration. Aussitôt ça me relie à mon corps, ici et maintenant. C’est drôle comme c’est simple! Pas de concept, pas de blabla, juste écouter ma respiration et sentir mon corps.

Si je pense à quelque chose dans le futur, je le pense avec mon corps d’aujourd’hui. Quand je pose un RDV, par exemple, c’est aujourd’hui que je le fais. Et je ne sais pas si, dans le futur, il se réalisera vraiment, mais ici et maintenant, je pose ce RDV. Quand j’appréhende le futur, c’est ici et maintenant que j’ai peur. Quand je pense au passé, c’est aujourd’hui que j’y pense. Rien n’est concret à part ici et maintenant, mon corps qui pense, qui ressent ,qui éprouve une émotion, qui agit. Le passé n’existe plus même si j’y pense, le futur n’est pas encore là même si je le planifie. Ici et maintenant, je pense au futur, je pense au passé mais ce ne sont que des pensées, il n’y a rien de concret, rien de réel sauf mon corps qui est ici et maintenant.

Souvent notre mental nous embarque dans les histoires du futur ou les histoires du passé. Mais ce ne sont que des histoires. Vraies ou fausses, probables ou incertaines… certes, mais ce ne sont que des histoires et notre mental nous emmène, comme au cinéma, voir un film. On regarde ce film dans notre tête, il nous fait peur, nous rend triste, ou plein d’espoir mais ce qui se passe dans ce film, n’est pas ce que notre corps vit ici et maintenant, c’est juste un film. Sur Terre, il n’existe que l’ici et maintenant. C’est la chose de réelle et c’est à partir de ce réel que je peux créer ma vie. C’est à partir de ce réel, c’est à dire de ce que je ressens dans mon corps ici et maintenant, que je peux agir à l’intérieur de moi pour me libérer du film du passé ou agir à l’extérieur en déployant mes talents. La vie réside entièrement dans l’ici et maintenant.

Trouver des solutions

Quand nous nous sentons coincés dans nos difficultés, nous n’avons qu’une hâte c’est de trouver une porte de sortie. Cela nous semble tellement inquiétant, angoissant, que notre premier réflexe de survie est de chercher à fuir, à trouver tout de suite une solution.

Alors nous courrons dans tous les sens, nous utilisons tous les échappatoires que nous connaissons : nous analysons sans cesse la situation pour reprendre le contrôle sur ce qui se passe, nous nous repassons le film de l’évènement des centaines de fois pour comprendre là où nous avons fait une erreur, nous cherchons à nous divertir, nous en parlons en boucle à tout le monde ou nous enfouissons ces difficultés sous des montagnes de sourires forcés…Chacun a ses réactions préférées pour nier ou fuir ce qu’il ressent intérieurement. Et c’est un réflexe humain. Nous sommes totalement contractés pour ne pas ressentir cette sensation d’impuissance, de perte de contrôle. Nous essayons de maintenir à distance ces sensations, de les repousser le plus loin possible de nous. Et nous cherchons des solutions à l’extérieur de nous. Bien sûr il est légitime de se faire aider quand nous en avons besoin, il est légitime d’être accompagné pour oser donner de l’espace à ces sensations, pour arrêter de les enserrer dans un étau qui nous épuise.

Alors seul ou accompagné, il va être nécessaire de se poser et d’oser aller à la rencontre de ce qui se passe en nous. Contrairement à ce que nous croyons, l’évènement extérieur qui a pu déclencher toutes ces difficultés que nous ressentons n’est pas le problème. Le véritable problème est que nous nions ce qui se passe en nous, en nous focalisant sur l’évènement extérieur. Et de ce fait, nous bloquons l’accès aux solutions.

En fait, les solutions sont déjà là présentes en nous. Mais comme elles sont dans le même espace intérieur que les sensations que nous cherchons à nier ou à fuir, nous ne pouvons pas y accéder. Alors posons-nous, osons respirer et aller à la rencontre de ces sensations. Nous en sommes capables. Osons constater que, oui, en nous il y a de l’inquiétude, de l’angoisse peut-être, de la peur, de la tristesse. Oui nous avons la gorge serrée, le plexus noué. En conscience, nous pouvons reconnaitre ce qui est là présent. Nous pouvons respirer en disant oui à ce que nous ressentons, avec beaucoup de bienveillance pour nous-même. Ainsi l’étau que nous avons créé autour de ces difficultés va se desserrer. L’air va circuler en nous et alléger ces sensations.

Et de respiration en respiration, d’acceptation en acceptation, de douceur en compassion pour nous, notre monde intérieur va s’apaiser, pouvoir s’ouvrir et recevoir des intuitions, des solutions.

Pour trouver les solutions, allons à la rencontre de ce qui se passe en nous.

Le pouvoir de nos souhaits

Nos souhaits, nos désirs, nos envies, souvent nous leur accordons trop peu d’attention. Nous les croyons sortis de notre imagination ou de notre égo.

Nous y pensons mais nous ne croyons pas vraiment possible de les réaliser. Nous les regardons comme des chimères, comme des rêves. Ou bien, nous voulons vraiment qu’ils se réalisent mais nous en restons là, comme s’il s’agissait d’une question de hasard ou de chance, comme si nous attendions qu’un miracle se produise. Et puis nous y pensons un temps, puis nous nous résignons, puis un autre souhait chasse le premier et de fil en aiguille nous regardons notre vie se dérouler sans joie, sans élan, sans enthousiasme.

Nous oublions l’essentiel… nous oublions de nous engager pour nos souhaits, pour nos désirs, pour nos envies.

Nos souhaits sont des impulsions de notre âme à aller plus loin, à nous développer, à évoluer. Nos souhaits, nos envies ne sont pas là par hasard, ils sont le signal que c’est le moment d’avancer dans une nouvelle direction, que c’est le moment de nous déployer encore davantage. Ce ne sont pas des écrans de fumées, ce sont de réels messages de notre âme.

Il est important de s’engager sur le chemin de nos souhaits, ainsi un premier tri se fera naturellement, entre nos véritables souhaits et des désirs superficiels. Nous pourrons alors laisser aller les désirs superficiels et prendre la responsabilité de nos véritables souhaits. Je ne parle pas de faire des plans sur la comète, ni d’aller frapper à toutes les portes. Je parle de se laisser guider par notre âme qui nous a soufflé ce souhait. Chaque jour, nous pouvons nous poser avec nos souhaits, respirer avec, les mettre dans notre cœur et demander à notre âme, à l’univers, à la vie ce que nous devons faire pour avancer d’un pas supplémentaire sur le chemin de leur réalisation. Chaque jour, nous pouvons écouter en nous nos résistances, nos peurs qui se lèvent lorsque nous méditons sur nos souhaits. Ainsi chaque jour nous marcherons sur le chemin de leur réalisation. C’est un voyage qui va nous faire découvrir de multiples visages de nous-même, qui va nous faire grandir et il s’agit d’un véritable engagement envers nous-même.

N’ayons aucun doute, nos souhaits véritables ont le pouvoir de nous faire avancer vers plus de joie, plus de liberté, plus de réalisation.