
Dans les injonctions spirituelles qui fleurissent sur internet (et ailleurs), on entend souvent parler de la lutte entre l’ombre et la lumière.
On entend parler de ce qu’il faudrait faire et de ce qu’il ne faudrait surtout pas faire, des croyances justes et des croyances fausses, du féminin sacré par opposition à un féminin qui ne serait pas sacré…etc.
Ce genre de propos nourrit la dualité, l’illusion de la séparation, l’opposition entre le bien et le mal et pour beaucoup de personnes c’est facile et rassurant : il y aurait les bons d’un côté et les mauvais de l’autre. Avec cette vision des choses, pas besoin de réfléchir par soi-même en profondeur, on se contente de suivre un enseignant ou un autre en fonction de nos croyances déjà ancrées. Or ces croyances sont liées à notre passé, à nos mémoires plus ou moins lointaines et ainsi nous les répétons de vie en vie et ainsi nous continuons de faire le jeu de la dualité, c’est à dire de la guerre en soi et autour de soi.
Si je prends l’exemple du féminin, il y aurait un féminin qui serait sacré, celui des hautes vibrations, de la beauté intérieure, du silence, de la méditation, des rituels, de la prière et un féminin qui ne serait pas sacré, celui des défilés de mode, des rêves de célébrité, de la sexualité libre, des danses profanes, …etc. De même en nous, il y aurait des qualités sacrées de bonté, compassion, courage, persévérance et des défauts à combattre de cupidité, manipulation, jalousie…etc.
Et je pourrais prendre en exemple tous les domaines de notre vie, la facilité nous entraine bien souvent à séparer et opposer ce qui nous semble bien (ou vrai ou juste ou sacré) de ce qui nous semble mal (ou faux ou injuste ou profane) et à le revendiquer haut et fort. C’est ce qu’ont fait toutes les religions, toutes les politiques, souvent même le développement personnel et c’est ce que continuent de faire certains prophètes de la spiritualité.
Quelque soit le domaine, croire qu’une chose est bonne par principe et que l’autre ne l’est pas, crée une faille entre les deux par où s’engouffrent toutes nos peurs, nos colères, nos rejets, nos hontes, notre indignité, notre haine de nous-même et des autres.
Si je prends l’exemple de l’ombre et de la lumière : comment un combat pourrait-il apporter la paix? comment la Lumière qui est pur amour pourrait-elle combattre quoique ce soit? la Lumière est pur amour, pur accueil, océan de bonté et elle a tous les pouvoirs dont celui d’accueillir l’ombre en toute sérénité et de l’aimer tellement qu’elle fondra en elle-même. Si je prends l’exemple du féminin : le féminin est sacré sans distinction, il est toujours sacré et s’il y a une expression du féminin qui ne nous convient pas, c’est OK pour nous, mais pour d’autres cela fait partie de leur chemin du moment et c’est OK aussi. Si je reprends l’exemple des « qualités » et des « défauts », il suffit de faire l’effort d’aller à la racine de « nos défauts » pour nous apercevoir de toute la souffrance qui s’y cache et qui a tant besoin de notre lumière et de notre amour. Alors en ce qui concerne les défauts des autres, laissons-les faire ce cheminement intérieur quand ils y seront prêts. Soyons humbles et sachons que ce qui nous semble vrai un jour, nous semblera peut-être dépassé dans quelques temps.
Il ne s’agit pas pour autant de tout prendre comme étant égal, il s’agit de clarifier en conscience ce qui est juste pour soi au moment présent, de ce qui ne l’est pas, sans en faire une généralité, encore moins un dogme, en sachant que notre vérité du moment est personnelle et temporelle. Alors nous pouvons aussi entendre ce qui semble juste pour l’autre, sachant que c’est sa vérité du moment tout aussi personnelle et temporelle.

Ainsi nous laissons la possibilité à notre conscience de s’ouvrir de plus en plus, de prendre de la hauteur et de toujours privilégier l’unité à la dualité.
Bien sûr emprunter ce chemin est bien plus exigent, mais c’est un chemin de conscience, de paix et de liberté.