Nos zones de confort

Nous avons des zones de confort dans tous les domaines de notre vie. Une zone de confort c’est une zone de repos et nous avons besoin régulièrement de créer des zones de repos dans lesquelles nous pouvons nous poser et goûter à une situation stable et connue. Et c’est parfait. Nos zones de confort dans lesquelles notre joie de vivre est présente, sont des espaces chaleureux et accueillant pour les autres, des espaces où nous nous sentons libre, où nous pouvons nous ressourcer et nous épanouir.

Mais nos zones de confort peuvent aussi devenir enfermantes, tristes, monotones, stériles. Plus rien de joyeux ne s’y passe, nous ne grandissons plus, nous stagnons, pire nous rétrécissons, nous déprimons en ressassant le passé et en ayant peur de l’avenir. Ce sont des habitudes qui nous sécurisent quand bien même elles sont devenues difficiles à vivre.

C’est une zone dans laquelle nous avons décidé de nous arrêter, un espace de vie autour duquel nous avons mis des limites, des barrières mentales.

Dans notre vie affective, que nous soyons seule ou en couple, le statuquo peut nous sembler préférable à l’inconnu du changement, la peur du quand-dira-t-on, la peur de ne pas savoir faire autrement, la peur de souffrir, la peur de perdre le peu que nous ayons, la culpabilité etc…. Nous étouffons notre désir pour sembler « raisonnable ».

Dans notre vie professionnelle, même si nous souffrons, nous préférons souffrir de cette souffrance que nous connaissons, plutôt que de changer. Nous connaissons notre souffrance, nous nous y sommes habituées petit à petit, nous nous sommes adaptées, voire suradaptées et nous raisonnons pour nous persuader qu’il n’y a pas d’autre solution.

Nous tenons à notre lieu de vie, nous y sommes accrochées, nous n’en changerions pour rien au monde, même si nos voisins nous dérangent de plus en plus, même si on construit une autoroute juste à côté. Nous avons choisi notre maison, nous l’avons investie, décorée, aménagée à notre goût et nous refusons les signes que la vie nous envoie pour nous faire changer. Nous empruntons toujours le même chemin par peur de nous perdre ou de faire des mauvaises rencontres, nous nous déplaçons de moins en moins et dans un périmètre toujours plus restreint.

Nous avons arrêté de travailler pour élever nos enfants ou suite à un burn-out et nous décidons de démissionner, de rester à la maison ou au chômage ou même sans revenu. D’un seul coup le monde du travail nous semble effrayant, nous avons oublié nos compétences, nos talents, la joie de partager avec des collègues. Nous ne voyons plus que les difficultés, les contraintes, les échecs, alors nous ne voulons plus faire l’effort de sortir de cette facilité et nous abandonnons l’envie de partager nos qualités, de transmettre nos savoir-faire.

La peur, la peur et encore la peur.

La peur vient de notre cerveau reptilien, ce cerveau qui nous fait croire que si nous sortons de notre caverne nous allons rencontrer un mammouth (dixit un québécois dont j’ai oublié le nom).

Ce cerveau reptilien qui ne sait gérer que notre survie biologique. Ce cerveau qui nous considère comme des animaux en survie, qui nous fait oublier que nous sommes des êtres de désirs avant tout, des êtres qui avons besoin de relations pour nous épanouir, qui avons besoin de découvrir, de partager, de transmettre, de grandir … de vivre! La peur nous empêche de prendre le moindre risque. La peur nous fait croire que nous n’avons pas assez d’énergie pour changer, pas assez de compétence, pas assez d’envie, pas assez d’argent, que nous sommes trop vieux, trop malades, trop faibles, trop occupés. La peur nous fait croire que nous n’avons pas le droit d’être heureux, pas le droit d’être au centre de notre vie, pas le droit de prendre des risques, pas le droit de rater, pas le droit de décevoir, pas le droit de passer en premier…

Nous avons chacun et chacune nos barrières mentales, ces histoires « rationnelles » que nous nous racontons pour ne pas changer, pour ne pas voir que la peur nous domine et gouverne notre vie.

Bien sûr il ne s’agit pas de sauter dans le vide sans parachute, il s’agit déjà de prendre conscience des endroits dans notre vie où nous nous sommes laissées enfermées à notre insu, où nous avons cru aux histoires effrayantes que notre cerveau reptilien nous raconte. Puis de faire un premier pas, un petit pas, d’oser en conscience changer un détail de l’histoire.

Puis un deuxième petit pas…puis un troisième et là, à notre insu, nous y prendrons goût et nous retrouverons petit à petit le goût de la vie, de la découverte.

Certes nous aurons pris un risque et nous serons quelques temps dans l’inconfort de l’inconnu, mais nous avons la capacité de traverser cet inconfort et de redécouvrir la joie d’être en vie.

Nous prenons bien plus de risque en ne bougeant pas, car tôt ou tard, la vie (les circonstances) viendra nous bousculer dans cette zone même où nous croyons être à l’abri de tout. En effet, la vie est mouvement, la vie est changement et si nous refusons ces mouvements, ils nous seront imposés et parfois malheureusement de façon brutale.

Alors osons vivre, osons changer ces histoires qui nous maintiennent dans la survie. Commençons par un premier pas facile, puis un autre un peu plus difficile et encore un suivant inconfortable et encore et encore. Pas à pas nous pouvons apprivoiser cet inconfort de l’inconnu, nous en avons la capacité tous quelque soit notre situation de départ.

Alors osons vivre, ayons l’audace de vivre, comme le disait Arnaud Desjardins et le sourire renaitra sur notre visage.

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