
C’est souvent difficile à comprendre pour notre mental qui est toujours tourné vers l’extérieur et qui croit que l’extérieur est séparé de lui. C’est le propre de notre mental de créer des séparations, des divisions entre l’autre et moi, entre l’intérieur et l’extérieur.
Mais notre mental n’est jamais neutre, il n’est jamais objectif quelque soit la « rationalité » dont nous croyons faire preuve. Nous croyons que 1+1=2 mais ce n’est pas toujours vrai. Par exemple si nous mélangeons 2 atomes d’hydrogène et 1 atome d’oxygène cela ne fait pas 3 mais 1 car cela donne 1 molécule d’eau. Quand un spermatozoïde rencontre une ovule cela ne donne pas 2 mais 1, cela crée une cellule unique et originale qui deviendra un embryon puis un être humain. Il n’y a pas de vérité absolue, il n’y a que des vérités relatives qui dépendent des circonstances, du contexte.
Ainsi, notre jugement n’est jamais neutre, il est issu de nos croyances, de nos peurs, de nos envies, de nos rejets, de nos attentes, de nos valeurs, de nos qualités, bref de notre personnalité qui s’est construite au fil de nos expériences de vie. Nous percevons le monde et les autres à travers ce filtre. Ce n’est jamais l’autre le problème, le problème (s’il y en a un!) c’est de laisser l’extérieur être ce qu’il est et de revenir à l’intérieur de nous, nous poser pour aller ressentir la partie de nous-même qui a projeté ce jugement sur l’extérieur.
Tous nos jugements sur le monde sont des projections de nos croyances, de nos pensées et de nos émotions. Tous sans aucune exception.
Il y a 7 milliards d’individus sur terre et 7 milliards de vérités. Chacun tisse sa vérité. Chacun projette son monde intérieur sur le monde extérieur
En fait nous créons totalement notre propre réalité, nous la projetons à partir de notre intériorité. Tout part de l’intérieur. C’est comme un projecteur intérieur dont la lumière traverse nos filtres (croyances, émotions et expériences) et crée à l’extérieur tout ce que nous percevons de notre réalité.

Mais comme cela est difficile à appréhender par notre mental, nous pouvons commencer par ressentir que l’autre que nous jugeons en bien ou en mal est la projection de ce que nous ressentons consciemment ou inconsciemment vis à vis de nous-même.
Par exemple, si je n’aime pas l’autre parce que je le juge trop timoré c’est que je n’aime pas en moi, la partie de moi-même qui est timorée dans telle ou telle circonstance. Si j’admire une personne pour sa générosité, c’est qu’en moi, ma propre générosité attend d’être découverte et exprimée. Ainsi ce que nous n’apprécions pas chez les autres c’est ce que nous jugeons à l’intérieur de nous-même comme étant des défauts. Et ce que nous admirons chez les autres ce sont nos propres qualités latentes qui méritent d’être exprimées davantage.
Il ne s’agit pas de me croire mais de l’expérimenter. Pensez à une personne que vous admirez (réelle ou fictive). Quelles sont les qualités ou compétences que vous admirez chez cette personne? Faites ce travail de recherche. Puis avec honnêteté, allez voir dans votre cœur, si quelque part dans votre jardin le plus secret, vous n’auriez pas le désir d’exprimer vous-même ces qualités. Non pas de ressembler à cette personne mais de posséder certaines de ses qualités. Vous verrez que c’est toujours le cas car ces qualités sont les vôtres aussi mais elles sont enfouies sous des peurs : vous ne vous en sentez pas capable, vous n’osez pas, dans votre milieu ça ne se fait pas, cela vous semble trop grandiose pour vous…
De la même façon, la prochaine fois que vous porterez un jugement négatif sur quelqu’un, rappelez-vous cette expérience car elle est valable en positif comme en négatif. Revenez à l’intérieur de vous-même et trouvez cette partie de vous-même que vous rejetez. Ce n’est pas tout vous-même mais une partie seulement, un aspect de vous-même. Peut-être que vous le cachez, peut-être que vous le niez, peut-être que vous fuyez les circonstances où vous pourriez le ressentir mais il fait partie de vous. Et il n’y a pas à le juger, ni à le rejeter, simplement à en être conscient et à l’entourer d’amour, à l’aimer comme toutes les autres parts de vous-même afin qu’il reçoive cet amour qui le transformera.

L’autre est toujours une opportunité pour mieux se connaitre et s’aimer dans toutes ses facettes.
C’est ainsi que nous construisons la paix en nous et autour de nous.