Beaucoup de choses ont été dites sur la culpabilité. Des psychologues, des thérapeutes, des philosophes, des religieux, des sages ont parlé de la culpabilité. En effet c’est le sujet majeur de notre humanité.
Ici je voudrai juste partager avec vous une vision de notre culpabilité fondamentale, qui s’est construite en moi en écoutant deux accompagnatrices : Ginette Forget (www.ginetteforget.ca ) une canadienne qui enseigne l’Art de la Présence et Marie-Odile Sansault (www.marieodilesansault.wixsite.com) qui enseigne la Présence Je Suis.
D’abord le mot coupable, est composé de 2 parties « coupé » et « able »; « able », en français, est un suffixe que l’on met à la fin des verbes, par exemple manger donne mangeable (ce qui peut être mangé), jeter donne jetable (ce qui peut être jeté), périr donne périssable (ce qui peut périr)…

Donc de ce point de vue étymologique, coupable veut dire : ce qui peut être coupé.
Alors qu’est ce qui peut être coupé en nous?
De quoi sommes nous ainsi coupé?
C’est Ginette Forget qui répond à cette question en ayant accompagné beaucoup de naissances. A la naissance, le cordon ombilical du bébé est coupé. Et à quoi est relié ce cordon ombilical? Souvent nous répondons à la mère, à l’utérus de la mère …et bien non…ce cordon ombilical est relié au placenta du bébé. En effet le placenta est celui du bébé, pas celui de la mère. Le placenta et le cordon ombilical sont créés à partir des cellules souches issues de l’embryon, de la même façon que tous les organes du bébé seront créés. A la naissance le bébé est donc coupé d’une partie de lui-même. Et pas n’importe quelle partie, de la partie (le placenta) qui l’a nourrit de façon inconditionnelle quelques soient les circonstances de la grossesse. Si le bébé nait, c’est que le placenta l’a nourri, l’a gardé vivant, lui a transmis la Vie. C’est en effet le placenta qui vient comme aspirer et filtrer les nutriments circulant dans le réseau sanguin de la mère à travers la paroi de l’utérus. La mère n’a rien à faire. C’est le placenta du bébé qui est actif.

A notre naissance, nous sommes donc coupés d’une partie de nous-même, de cette partie qui nous nourrissait et nous donnait la Vie sans rien attendre en retour.
A notre naissance, notre incarnation dans un corps, dans la matière, semble donc marquée par une coupure d’avec notre unité.
Nous avons été coupés, nous sommes donc coupable, dans le sens étymologique du mot (qui peut être coupé). Et si nous avons été coupés un jour, alors nous risquons à tout moment d’être coupés de nouveau : nous sommes coupable à vie! Voilà sur quoi notre vie psychique, notre personnalité, est fondée.
Il s’agit d’une croyance humaine gravée dans notre inconscient collectif qui nous constitue depuis la nuit des temps et qui entraine des sentiments de manque, de peurs, de tristesses…. Nous cherchons alors à combler cette coupure, cette culpabilité, cette peur du manque, avec l’autre (d’abord la mère puis nos amis, nos compagnons et compagnes), avec l’argent, avec le pouvoir, …etc… Nous vivons tous avec un profond sentiment de culpabilité dont nous avons oublié l’origine. Et ce sentiment profond refait surface à la moindre insécurité : un échec, la perte d’un être cher ou d’un travail ou d’une maison, une défaillance de notre part, quand nous pensons ne pas avoir fait ce qu’il aurait fallu faire, ce que nous aurions pu faire…. Nous avons été coupé à la naissance donc nous pouvons l’être encore et encore…toujours coupable.
Stop…ce n’est qu’une croyance, certes elle est viscéralement portée par notre inconscient collectif, il n’empêche que ce n’est qu’une croyance.
L’humanité souffre de cette croyance en une culpabilité originelle, relayée par les religions et qui s’est infusée dans tous les domaines de notre vie.

La peur du manque en est surement l’exemple le plus universel. Nous avons peur collectivement que la Terre ne soit plus suffisante pour nous nourrir, pour nous porter. Et en même temps pour combler nos « manques » nous la surexploitons, nous la détruisons.
Une autre conséquence de cette croyance est que nous pensons, au fond de nous, ne pas mériter l’amour, ne pas être dignes d’être aimés. Nous nous punissons nous-même en sabotant nos projets et en pensant que nous ne méritons pas l’abondance.
Stop, le sentiment de coupure d’avec ce qui nous anime, ce qui nous nourrit et d’avec notre unité, est une pensée humaine fausse qui s’imprègne en nous à la naissance. Or si je coupe un brin d’herbe du sol qui le nourrit et lui donne sa vitalité, il flétrit puis meurt. Si nous étions réellement coupés (donc coupables) nous mourrions aussitôt comme le brin d’herbe. Nous ne pouvons pas être coupés de notre unité, nous ne sommes pas coupables, nous sommes innocents et toujours dans notre unité, dans notre complétude. Nous sommes toujours animés par la Vie absolue et mystérieuse qui a fusionné les deux cellules parentales (ovule et spermatozoïde) en une seule cellule d’origine. Nous sommes toujours animés par cette même Vie qui nous traverse et notre corps est entièrement constitué de cette cellule unique d’origine.

Le retour à notre innocence est un travail profond de conscience, c’est pour moi, l’élément clé de la nouvelle humanité.
La Vie nous porte toujours, nous anime, nous nourrit sans rien nous demander en retour.
L’être humain est innocent et aimé.
Cessons d’exploiter la Terre et elle nous donnera naturellement tout ce qui nous est nécessaire pour vivre bien. Changeons de croyance et le monde changera. Le retour à notre innocence originelle permet la pleine acceptation de notre incarnation libérée de la croyance d’être coupé de notre essentiel, libérée de nos insécurités profondes. C’est aussi le retour en la conscience de notre unité originelle.