Nous avons toutes sortes de mémoires en nous, conscientes et inconscientes. Des mémoires qui nous mettent en joie et des mémoires de souffrances, de tristesses, de frustrations, de regrets, de culpabilités. Et ces dernières sont très présentes en nous, elles sont actives. Pourquoi? Parce que toutes ces mémoires qui nous interpellent régulièrement, ont un point commun : elles sont inachevées.
Qu’elles proviennent de notre histoire personnelle, de celle de nos ancêtres ou qu’elles soient karmiques ces mémoires racontent toutes une histoire inachevée. Ces mémoires reviennent sans cesse à la surface car il leur manque la fin de l’histoire. Elles sont restées suspendues dans des émotions plus ou moins difficiles qui attendent de s’apaiser. Tant que nous n’aurons pas créé une fin avec un niveau de conscience supérieure à celle que nous avions au moment de l’histoire, elles viendront nous hanter comme des fantômes qui demandent leur du. Depuis l’émergence de la physique quantique et de la science non matérialiste, nous savons que le temps, tel que notre personnalité le vit, est une illusion et les grands sages de toutes les traditions nous l’ont dit depuis longtemps :

ce que nous croyons passé et qui est resté inachevé, est totalement présent en nous et influence grandement notre vie bien souvent à notre insu.
Alors pour achever ces histoires nous avons plusieurs outils à notre disposition. Nous pouvons faire appel à un thérapeute qui nous aidera à apaiser les émotions souffrantes afin que ces mémoires soient transmutées dans une conscience plus élevée. Nous pouvons aussi, pour les mémoires de notre histoire personnelle que nous connaissons, utiliser notre imagination créative. Que ce soit par l’écriture ou lors de méditations dans nos mondes intérieurs, nous pouvons créer une nouvelle fin, pleine d’amour, de conscience, de pardon et de paix. Souvent nous avons à pardonner. Pardonner à l’autre et surtout se pardonner soi-même d’avoir vécu cette histoire. Se pardonner avec bienveillance, avec douceur d’avoir été victime de situations difficiles quand nous étions enfant ou de s’être mis dans des histoires douloureuses en tant qu’adulte. Nous avons à nous pardonner de n’avoir pas su, de n’avoir pas pu …faire autrement.

Se pardonner c’est s’aimer tel que nous sommes aujourd’hui avec ces mémoires encombrantes, c’est accueillir ces histoires de vie et y poser un autre regard plein de tendresse, de compassion pour soi-même.
Nous ne pouvons pas achever ces histoires avec un niveau de conscience rempli d’impatience, de rejet, de jugements sur ce qui s’est passé. Nous avons à lâcher nos attentes et à prendre le temps d’accueillir ces histoires dans leur profondeur sans rien nier de leurs conséquences dans notre vie actuelle. Et ensuite avec toutes nos connaissances actuelles, toutes nos compétences, tout notre amour, nous pouvons créer une autre fin, pour trouver enfin la paix.
Et si en cherchant la paix, nous découvrons de la colère contre nous-même, si nous découvrons que nous nous jugeons encore négativement d’avoir « mal réagit » ou si nous nous en voulons de ne pas y arriver malgré « tout le travail fait sur soi », alors c’est OK. Accueillons ses sentiments contre nous-même, acceptons qu’ils soient là, ne rejettons pas ses sentiments, surtout pas!…. Ils sont là et c’est OK. Soyons en paix avec la présence de ces jugements. C’est là le secret : quoique nous pensions, quoique nous ressentions, c’est notre réalité du moment, alors posons un regard de paix et de compassion sur nous. Dès que nous pourrons dire un vrai oui à la présence de ces jugements sur nous-mêmes, à la présence de ces frustrations, alors la paix pourra se diffuser à la mémoire de l’évènement et une autre fin pourra enfin se dessiner.

Quand la paix est le fin mot de l’histoire alors ces mémoires se fondent dans la lumière.