S’aimer

S’aimer, vaste sujet…

En fait, nous nous aimons comme nos parents nous ont aimés, comme nos éducateurs nous ont aimés, comme la société nous aime. C’est ainsi que nous connaissons l’amour, l’amour sous conditions.

Nous rêvons du grand amour mais quelque part intérieurement, nous croyons ne pas le mériter puisque nous ne l’avons pas connu dans notre enfance. Nos parents nous ont aimés à condition de remplir leurs attentes, nos éducateurs nous ont aimés à condition de réussir et la société nous aime si nous sommes capables de travailler, de consommer et d’avoir les mêmes idées que tout le monde.

Est-ce comme ça que nous souhaitons nous aimer? Non bien sûr et pourtant, c’est exactement comme ça que nous nous aimons. Nous nous aimons quand nous réussissons à coller à l’image idéale que nous avons construite de nous-même : un idéal de femme, un idéal d’épouse, un idéal de mère, un idéal professionnel, un idéal amical… Dès que nous échouons ou que nous sommes malades ou tristes ou angoissés nous ne nous aimons plus, nous nous rejetons. Nous avons hâte de revenir à cet idéal fictif que nous nous sommes construit sous la pression de notre éducation et de la société. Dès nous n’arrivons pas à réaliser nos rêves, nous nous dévalorisons. Nous sommes terriblement exigeants vis à vis de nous même. Nous sommes pleins de : « je dois » … « il faut »… « allez, vas-y »… »fait des efforts »… »je veux avancer »… »je dois dissoudre ma négativité »…Nous sommes pleins de projections sur nous-mêmes qui nous empêchent de nous aimer tels que nous sommes. Nous sommes toujours sur notre dos, ce n’est jamais assez bien, jamais assez réussi. Nous nous jugeons sans cesse. Nous devons toujours nous améliorer et quand nous réussissons quelque chose, nous oublions de nous féliciter. C’est ainsi que nous avons appris l’amour! L’amour sous conditions.

Alors s’aimer c’est tout un travail. C’est toute une déconstruction de ce que nous avons intégré depuis des siècles et des siècles sur Terre. S’aimer c’est s’accueillir tel que nous sommes dans le moment présent. C’est être doux et bienveillant avec soi, surtout quand cela ne va pas très fort. C’est lâcher cet idéal construit par nos croyances et par nos peurs. C’est accepter d’être tels que nous sommes, sachant que nos rêves se réaliseront seulement dans l’amour et la bienveillance pour soi. C’est aimer ses talents et accueillir avec douceur ce qui les empêche de s’exprimer. Car c’est l’amour qui guérit, c’est l’amour qui lève les obstacles. C’est l’amour de soi la seule réussite au monde. Nous ne pouvons aimer l’autre et les autres, qu’à la hauteur de l’amour de nous-même, jamais plus. Nous ne pouvons accueillir l’autre tel qu’il est que si nous savons nous accueillir nous-même.

Alors cela se fait petit à petit, en conscience. C’est un travail de tous les jours et nous sommes capables de le faire.

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