Accepter ce qui est ?

Nous entendons souvent cette expression dans l’univers spirituel et il est bon de la clarifier.

Accepter une émotion que nous ressentons à l’intérieur de nous ou accepter un évènement difficile qui nous arrive ou une situation qui nous heurte, ne signifie pas que nous sommes d’accord avec ce qui se passe ni que nous devons nous résigner.

La vie humaine est une succession d’émotions, de pensées et d’évènements et l’erreur est de croire que l’instant présent peut-être différent de ce qu’il est. Ce qui est là est là et il ne peut en être autrement. C’est cela accepter : c’est enlever l’idée que le présent pourrait (ou aurait pu) être autrement. C’est dire un grand OUI à ce qui est, comme n’a cessé de l’enseigner Arnaud Desjardins(1). Nous n’avons pas fait d’erreur et la vie n’est pas injuste ni cruelle.

Posons-nous quelques instants avec ce qui est là présent pour nous et acceptons avec notre cœur qu’il ne peut pas en être autrement……………, alors c’est un énorme soulagement intérieur qui se produit.

Nous ne pouvons pas lutter contre ce qui est là présent pour nous à cet instant. C’est là, c’est là! Le refus, la lutte ou le déni de ce qui est, sont une perte d’énergie inutile et une tension supplémentaire qui se met en place dans notre corps. Accepter c’est se dire OK, c’est ainsi à l’instant et il n’y a aucune erreur, aucune faute, il ne pouvait pas en être autrement. Peut-être que c’est désagréable, peut-être que cela nous heurte mais c’est là! Accepter c’est arrêter de juger en bien ou en mal ce qui est là, arrêter de croire que le présent aurait pu ou pourrait être ou devrait être autrement C’est arrêter de croire que ça pourrait être mieux. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a plus de souffrance, cela veut dire que nous avons la capacité de reconnaitre ce qui est là à l’instant pour nous et qu’il n’y a pas d’erreur. Si c’est là c’est qu’il ne pouvait pas en être autrement. Tout va bien, nous pouvons nous détendre avec ce qui est là.

Cela ne veut pas dire que nous sommes dans la résignation mais que nous sommes dans cet accueil naturel de ce qui est.

Et lorsque nous ne collons plus sur le présent une alternative que nous jugeons meilleure, nous pouvons laisser l’élan d’agir se mettre en mouvement à partir de ce présent reconnu et accepté dans la bienveillance et la compassion.

L’acceptation n’est pas une absence d’action, c’est une absence de refus du présent. Lorsque nous ne sommes plus dans le refus de ce qui est là, cela laisse émerger une action inspirée en réponse à ce qui est présent. Nous pouvons alors ressentir l’élan naturel d’agir sans que le mental ne s’en empare. Le changement ne peut se produire qu’à partir de l’acceptation de ce qui est et pas à partir d’une projection de ce qui devrait être et qui n’est qu’une pensée non réalisée.

Et si nous voulons aller encore plus loin : Swâmi Prajnânpad, le guide indien d’Arnaud Desjardins(1) disait « Dire oui, c’est aussi dire oui au non ». C’est revenir à l’accueil de ce qui est, puis si c’est le non qui émerge naturellement face au présent reconnu et accepté, alors le non est aussi accueilli et nous pouvons le laisser s’exprimer. Le non ne s’oppose pas au oui, il est accueilli de la même façon. L’accueil est la nature même de notre Etre profond.

(1) Arnaud Desjardins, enseignant spirituel 1925-2011 : livres « L’audace de vivre » et « Les formules de Swâmi Prajnânpad »

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